René PACHURKA, professeur de l'AÏKI-CLUB de METZ

parcours budo

Il y a tout d’abord, un long parcours de budoka, d’abord élève de Maître Weber (à qui Tadashi Abe avait transmis directement un aïki de combat, à base d’atémis et visant en premier lieu à l’efficacité), René Pachurka a ensuite enseigné dans plusieurs clubs lorrains. Depuis bientôt 10 années, il est le professeur du dojo de l’Aïki-Club de Metz, fondé par ses élèves pour garantir les meilleures conditions pour son enseignement.
Son parcours de budoka commence dans la FFAB, dans le cadre de laquelle il passe sa 1ère et sa 2ème dan. Au même moment, il prépare et réussit son Brevet d’Etat. Mais avec les années, le fossé se creuse entre ses convictions et la pensée diffusée dans l'aïkido français. Présent à de très nombreux stages, avec les experts les plus reconnus, René Pachurka ne peut que constater l’éloignement progressif de l’aïkido enseigné avec son origine en tant qu’art martial. Tadashi Abe, Edmond Weber, ses maîtres lui avait transmis le sens primordial de l’efficacité ; il fallait bien constater que cette dimension martiale passait sur les tatamis de l’aïkido nettement au second, voire au troisième plan, au profit d'une toute autre philosophie.
C’est donc par fidélité à son art que René Pachurka décide en 2003 de chercher une autre fédération, une autre école, un autre maître. Très vite, il se retrouve dans l’esprit rigoureux, honnête et systématique de l’enseignement dispensé par Maître Maroteaux, au sein de son école, Takeda ryu Maroto ha : sens de l’efficacité, attachement à la tradition martiale, respect des valeurs traditionnelles d’origine… Avec l’accord de l’ensemble de ses élèves, René Pachurka envoie une lettre à Maître Tamura pour lui témoigner son respect mais pour lui expliquer le profond désaccord qui le pousse à quitter son école. Cette lettre n’a malheureusement jamais eu de réponse.
Depuis lors, René Pachurka et ses élèves ont mené, à marche forcée, un travail de fond pour parvenir à reprendre leurs bases dans le respect de l’école du Takeda, sous l’égide de celui qui transmet depuis tant d’années la tradition de la plus ancienne école d’arts martiaux du Japon, Maître Maroteaux. René Pachurka a remis sa ceinture blanche et franchi tous les tests : 1ère dan en 2005, 2ème dan en 2006, 3ème dan en 2008 et sa 4°dan en 2012. Avec la même vigueur, il retravaille le sabre dans le sens de sa nouvelle école et passe sa 1ère dan en 2006, le 2ème Dan en 2010 puis le 3ème Dan en 2016.
Heureux de se retrouver enfin dans une fédération rigoureusement attachée à la tradition martiale, il est parmi les premiers à suivre Maître Maroteaux dans sa démarche de reconnaissance auprès des plus hautes instances japonaises, incarnées dans le DNBK, présidé par le prince Jigo. Démarche couronnée d’un succès éclatant puisque l’aïki-jujutsu a été légitimé comme art martial traditionnel.
A ce jour, René Pachurka est membre officiel du DNBK (et du coup son dojo est aussi reconnu) ; il a reçu le titre honorifique de Shidoin. Présent au dernier Taïkaï de 2007, à Kyoto, il a été choisi pour la démonstration devant la direction du DNBK et les plus hautes instances martiales japonaises et a reçu une médaille d’or pour son respect de l’étiquette et son attitude martiale. Distinction reçue dans le cadre du Takeda ryu Maroto ha qui reçut dans le même temps un prix d’excellence.

un portrait


Difficile de faire le portrait de René Pachurka, surtout quand on est son élève depuis des années. Il y a beaucoup de facettes au personnage et je n’ai pas fini de les apercevoir : il réserve toujours une surprise.
Le portrait commencerait par le regard de René, qui traduit un lourd héritage de combats et de servitudes. Un regard qui a l’habitude de jauger et de deviner, qui fait aussi son humanité. Et dans le visage lisse, travaille une énergie sourde qui vient de loin. Un visage de paradoxes : a-t-il été petit un jour ? a-t-il grandi trop vite ?
Comme un ciel de mer, il passe de l’émotion devant le spectacle le plus simple, de la compassion devant les douleurs auxquelles il se confronte depuis longtemps, à une dureté de marbre devant l’irrespect, l’agressivité ou la mort.
La mort, toute sa vie, il l’a côtoyée dans son métier, il sait reconnaître son odeur. Les cicatrices sur son corps montrent qu’il l’a connue de près et en a réchappé. Il y a laissé un peu de lui-même. Et l’âme n’est pas non plus exempte de cicatrices. Plusieurs décennies, sur bien des champs d’action, ont forgé son esprit martial, mais jamais je ne l’ai vu se prendre pour le plus fort. Au contraire, il a mesuré la petitesse de nos forces.
Alors, quand on lui demande son grade, après toutes ces épreuves et plus de 30 années d’arts martiaux, il a un sourire malin et dit : « je suis vivant ».
Parmi les surprises qu’il réserve, il y a les plaisanteries qui fusent au moment où on s’y attend le moins, des histoires de rizière et de décompte surprenant que ses élèves apprennent à connaître et puis de la poésie.
Oui, René Pachurka aime souvent réciter, et en toutes occasions, des haïkus, comme celui de Tokugawa Ieyasu : « Comme je serais heureux de me réveiller une deuxième fois d’un somme dont le rêve de ce monde serait le ciel de l’aube. »
Son honneur s’appelle respect.

Etienne Garcin
Président de l’Aïki-club de Metz

Campagne de Pologne 1805

Quelques jours après son aventure polonaise, notre instructeur, René Pachurka, livre un témoignage fort sur cette expérience vécue aux côtés de Maître Maroteaux. Bonne lecture.

Campagne de Pologne 1805

L'automne peint le paysage d'une couleur d'or et de lumière, les deux adversaires sont face à face. Bien droit, le torse bombé, le sabre au clair, ils attendent. En un instant, dans un jaillissement d'étincelles, les lames s'entrechoquent, sifflent, virevoltent et menacent les fières poitrines dénudées. Les deux hussards s'observent, se jaugent et ne se feront pas de cadeau. Ils jouent leur vie. Dans les régiments des hussards polonais de l'armée impériale du Premier Empire, rien ne compte plus que le courage et l'honneur. Le général LASSALLE n'a-t-il pas dit qu'un hussard qui n'est pas mort à trente ans est un jean foutre !
Les Polonais le savent, et... le petit caporal n'aime pas les lâches. Ils se battront, sans rémission, jusqu'au bout.

Deux siècles plus tard, presque au même endroit... deux hussards, là encore... leurs regards se croisent et tout recommence, tout continue, la tradition est maintenue.

Maître MAROTEAUX les regarde, et son étonnement est ponctué d'exclamations admiratives. Après le combat, ils montent leur sabre au-dessus de leur tête, et lentement les baissent au niveau de l'épaule. Oui les hussards rengainent comme les samouraïs. Deux peuples séparés par des milliers de kilomètres se battent de la même manière. Ils font les gestes que l'instinct du combat leur a dictés.
Ces mêmes gestes... que nous enseigne notre Maître. Cet instant a suspendu le temps dans l'aventure polonaise. Pourtant que d'étonnement, que de surprises. Pour celui qui n'a jamais accompagné le Maître, toutes ces images qui se bousculent dans la mémoire témoignent de la reconnaissance des Maîtres étrangers. Elles prouvent une fois de plus si toutefois il fallait le faire que notre école est et sera encore pour longtemps parmi les meilleures.

Devant des Maîtres réputés, venus de tous les continents, Maître MAROTEAUX a fait un cours et une démonstration. Il faut bien le reconnaître, cela fit l'admiration de toutes les personnes présentes.
Que de questions, que d'interpellations, le Maître ne pouvant répondre à toutes, ces instants furent mémoriaux. Démontrer, expliquer, traduire, tout cela dans l'excitation des participants et des curieux. La télévision présente diffusera ces images. Que de souvenirs et que de joie.

Le lendemain, les exposés établirent les recherches concernant les arts martiaux, ainsi que leurs conclusions en anglais et en polonais. Entretiens sérieux par des professeurs et docteurs dont les passions pour le combat depuis l'aube des temps sont la résultante de nombreux travaux.
Comme quoi les guerriers savent aussi réfléchir et penser.

Le lendemain, la personne la plus respectée et respectable de l'université nous fît l'honneur de nous convier à une cérémonie traditionnelle remontant loin dans l'histoire polonaise. Dans un domaine champêtre, les invités et personnalités assistèrent à la récompense d'un professeur qui par ses mérites reçut la médaille d'or pour ses travaux et son dévouement à la cause de l'enseignement. Instant émouvant pour ce monsieur d'un âge respectable. Puis... la surprise…

Le professeur CZYNARSKI devant l'assistance, prenant un ton solennel, appela Maître MAROTEAUX.

« Monsieur le professeur Docteur Roland MAROTEAUX,

Pour votre engagement, vos travaux, et votre recherche qui influencent encore notre pédagogie, ainsi que vos écrits dont certains figurent dans notre université, j'ai l'immense honneur de vous remettre la médaille d'or de l'université de RZECZOW. »

A cet instant émouvant, je pense aux détracteurs du Maître, et la fierté d'être son élève me submerge. Comme j'aimerais voir la tête de tous ceux qui le critiquèrent et qui le critiquent.

Je ne savais plus si je devais rire ou verser une larme de circonstance, mais la pensée des agapes et de la vodka qui ne manqueront pas de suivre, me firent rire.

Le Maître respectueusement reçut la médaille, puis après un chaleureux remerciement, prit à son tour une feuille de papier, et lisant la conclusion de la réunion des experts de notre école, décora Monsieur le professeur Docteur CZYNARSKI de la médaille d'or. Cérémonie émouvante dans sa simplicité emprunte d'une gravité non feinte.

Le repas et la boisson qui firent la réputation des Polonais furent au rendez vous, et je dois l'avouer, appréciés à leur juste valeur.

Le matin suivant, l'avion nous ramenait en France, et je suis sûr que les nombreux guerriers qui firent les campagnes de Pologne quelque fût l'époque ne les trouvèrent pas aussi agréables.

En Pologne avec le Maître

Les 17, 18 et 19 septembre, s'est tenu en Pologne à l'université de Rzeszów le congrès scientifique international des arts martiaux traditionnels et des sports de combat. Etaient représentés non seulement les arts martiaux orientaux, mais également européens de toutes influences historiques. A côté des combats à main nue on pouvait voir les combats aux armes chevaleresques du moyen âge toujours pratiquées et enseignées. 
Monsieur René PACHURKA, instructeur de l'Aïki-Club de Metz, a été désigné pour accompagner Maître Roland MAROTEAUX. De ce fait, il est devenu un témoin privilégié de l'influence française, notamment celle de l'expert, coordinateur pour la  France du D N B K ( Daï Nippon Buto Kaï ) et fondateur de la branche MAROTO HA de l'école Takeda.
Maître MAROTEAUX démontra sur les attaques répétées et parfois très viriles sa théorie de la stabilité mobile. Thèse qui a été présentée au doyen de l'université pour être ensuite probablement incluse dans les cours dispensés aux futurs professeurs d'éducation physique préparant un doctorat. Il existe d'ailleurs déjà des thèses en doctorat du sport dans lesquelles Maître MAROTEAUX est cité.
Le Maître présenta également un cours d'une heure. Des élèves sur le Tatami de l'université étaient de très hauts gradés, du sixième au dixième Dan et cela dans toutes les variétés de combat. Le cours fût suivi de nombreuses questions de la part de ceux-ci, mais également de la télévision polonaise qui couvrit l'événement. Il va sans dire que Maître MAROTEAUX est invité dans de nombreuse écoles à l'étranger, afin de démontrer sa théorie, celle-ci existant depuis l'aube des temps mais jamais enseignée ni démontrée dans la réalité. De nombreux grands Maîtres la possèdent, mais se gardent bien de l'expliquer concrètement.

Photo : Renaud Seguin
Outre l'opportunité de participer à un tel événement, René PACHURKA a reçu la semaine dernière le diplôme de certification de ses grades signé par le Prince JIGO, cousin de l'empereur du Japon, remis par le coordinateur pour la  France du D N B K à Chartres à l'occasion du stage annuel des instructeurs du Takeda-Ryu Maroto Ha. Il est évident que l'instructeur de l'Aïki-Club de Metz rendra ses acquis aux élèves afin que ceux-ci puissent les mettre en pratique.

journal de René au Taïkaï de Kyoto (2008)



JOURNAL DU TAIKAI

Premier jour (24-04-2008)
Rêve ou réalité?8 heures : atterrissage sur l’île de Kensai, île artificielle, véritable exposition architecturale de la technologie nippone.10 heures : arrivée à l’hôtel Ana. Rien à redire, les hôtesses sont charmantes et serviables avec en plus la politesse expansive de leur pays, ce qui ne gâche rien.Nous profitons de notre liberté qui sera réduite dans la semaine, au vu du programme chargé que nous ont concocté les Japonais.Visite sous la pluie, parmi les cerisiers en fleurs qui tout doucement se déplument, comme bon nombre d’entre nous. Cela ne fait rien nous ne rêvons pas, nous sommes au pays des Samouraïs. Pour beaucoup l’émotion n’est pas feinte, nous foulons le sol sacré des derniers chevaliers, des hommes pour qui le mot "Honneur" signifie encore quelque chose... Demain, oui, demain nous allons vivre ce que des milliers de pratiquants sincères voudraient vivre, nous allons pratiquer devant le monde des guerriers et cela dans le saint des saints, pour l’honneur ...
Deuxième jourPetit déjeuner à l’américaine, Maria aurait adoré, une table de cinquante mètres qui déborde de tant de choses, avec des couleurs vives, des parfums... et... encore des millions d’humains qui eux n’ont rien... cela ne nous a pas égoïstement empêché de manger.Départ à l’heure des bus, c’est à dire avec dix minutes d’avance vers le Dojo, râles des Français qui, organisés, comme d’habitude, font les frais des remontrances nippones qui expliquent devant un auditoire interrogatif et sceptique que la politesse oblige à arriver avec une avance d’au moins 20 minutes.Dans la grande salle de réception et d’entraînement, 46 pays sont mis en place, alignés comme pour la parade, derrière leur drapeau. Intense émotion, l’hymne japonais est joué, les discours de bienvenue et d’organisation se suivent, et... bien souvent...il y eut des larmes non feintes. Les silences sont éloquents, les présentations respectueuses et la fierté d’appartenir à une école présente nous étreint. Maître Maroteaux est présenté au comité des anciens et des personnalités, toutes Samouraïs .Le grand chambardement va pouvoir commencerMidi... Déjeuner... ouap! ouap ! c’est beau, et c’est même bon... je ne sais pas si ce sont des sucreries ou des pâtisseries ou du poisson... mais selon ma devise... survivre toujours... et puis quand on a faim!13h : entraînement... d’abord les karatékas, puis le judo, puis l’aiki et enfin tout le monde contre, ou plutôt, avec tout le monde... étonnement des judokas qui reçoivent une tarte, stupéfaction des aikidokas qui ne peuvent saisir les karatékas, rigolades des Maroto-ha qui s’adaptent etc. etc., c’est dans des moments comme cela que l’on constate l’efficacité d’une école.16h : fin de la première journée avec soulagement, pour certains le décalage horaire commence à se faire sentir, moi, du haut de mes 48 ans, ça va, je dirais même bien. ouais!! Je rajeunis...Ce soir : découverte de la ville, monuments anciens, Kyoto c’est le Versailles historique des shoguns. Regards approbateurs et circonstanciés devant le savoir-vivre et la finesse de certains Européens. Cela fait plaisir de remarquer que l’on a un peu d’éducation.
Troisième jour8 heures. Bus, on arrive à être à l’heure ; vous voyez quand on a compris cela va tout seul!Entraînement, mise en place pour la cérémonie; explications aux participants choisis pour la démo : simple vous restez naturels vous attaquez et vous vous défendez. Normal pour des Gaulois.12h : on déjeune, c’est toujours aussi beau ...16h : fourbus mais contents, on rejoint notre hôtel avec un bus qui part toujours à l’heure c’est à dire en avance....Ce soir un peu de tourisme ou dans un magasin je parle allemand avec une Suissesse qui y travaille ; des touristes sont persuadés que je parle japonais... Hé... Hé...
Quatrième jour8h : Bus...hé oui en avance...Journée du iai, démo et passage de grades devant des experts de toute écoles.Journée du jo, démo et essai des néophytes ; pas toujours évident.16h : Re-bus, devinez ? Hé... hé...
Cinquième jourCoup de bambou, le décalage se fait sentir, fallait pas se foutre des autres...Je ne vois même pas les techniques ; vivement midi, c’est si beau !(heureusement, le soir, le dîner est somptueux Et la bière très bonne.)14h : nous commençons notre entraînement au plus vieux JU JUTSU du Japon, le Maître est compréhensible, humain, chaleureux, et efficace.Et puis, la tuile, un infarctus sur le tatami... un Français, encore jeune. Je le regarde, des gens de chez nous sont intervenus, bouche à bouche, massage, intervention rapide du SMUR japonais, défibrilation...échec à ce moment là, je ne parie pas un bouton de culotte sur sa vie, il est tout bleu et cela ne présage rien de bon... départ pour l’hôpital.Maître Hamada nous demande, dans un silence respectueux, de prier chacun dans notre religion ; nous sommes des chrétiens des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des athées et, miracle, nous prions. Oui, dans ce temple dédié aux arts de la guerre, des hommes prient dans l’honneur, pour la survie de l’un des leurs.Et, miracle, on vient de nous apprendre que le coeur, après 30 minutes d’arrêt, est reparti.Mais dans quel état sera-t-il s’il sort de son coma ?(Après 72 heures de coma, il est revenu à lui, et n’a aucune séquelle ... que dire ? Sinon merci aux secouristes français et japonais qui lui ont permis de vivre, grâce à leur intervention.)16h : et oui ! Le bus et son éternelle exactitude.Ce soir, repas de gala, avec grande tenue et tout le toutim ; mais ce n’est pas pour me déplaire, il me plaît de temps en temps de fanfaronner en cravate, en picorant et devisant, comme si mes développements devaient changer le monde ; une coupe à la main...
Sixième jourC’est le grand jour, nous allons, devant toute cette assemblée, montrer ce que nous pratiquons.Oui ! Nous l’avons fait ! Je ne sais si j’étais bien... mais je l’ai fait.Retour au bus etc. etc. etc.
Septième jourJournée honorable, notre Maître a enfin reçu la reconnaissance de ses efforts, certains reçoivent une récompense, les anciens estiment qu’ils la méritent.Le soir grand dîner de gala, vous verrez les photos très émouvantes et marrantes ! Il faut bien le dire, les boissons étaient à volonté ce qui délie les coeurs et les langues.
Le lendemain : départ sans petit déjeuner (trop tôt). Reverrai-je le pays du Soleil Levant, avec ses matins qui chantent?

René à l'épreuve de l'interview



Interview de René Pachurka, réalisée le 4 septembre 2007, par Tanguy Endenman (secrétaire de l'association et responsable de la communication du club) :

Tanguy : Bonjour René, je vais te poser les questions d'usage que se posent les débutants. Pourquoi un art de combat ?
René : Il y a dans chaque être vivant une part d'agressivité qui s'exprime dans différentes situations et cela chaque jour sur notre planète. Un art de combat doit, en premier lieu, être capable, dans une certaine mesure, de sauver la vie de celui qui le pratique ; oublier ce principe, c'est dénier la valeur de son existence et sa liberté d’être .

Tanguy : Pourquoi un art japonais et traditionnel ?
René : Aujourd’hui il n’est plus possible de converser sans téléphone portable, de cuisiner sans micro-ondes ; nous sommes très loin des comportements primitifs comme allumer un feu avec des silex et pêcher pour se nourrir. C’est mieux ainsi dans la plupart des domaines.En même temps, nous nous rendons compte que cette vie pleine d’artifices, de technologies et de virtualité, nous coupe petit à petit de notre essence. Avec les arts traditionnels japonais, on réapprend à vivre avec nos intuitions et nos réflexes, à utiliser notre énergie interne et à nous tourner vers les autres autrement. Evidemment, ça n’a pas raté, ce mouvement a été récupéré par l’Occident, devenant pour certains dans bien des cas un commerce gratifiant. Avec les membres de l’Aïki-Club de Metz, j’ai longtemps cherché une école traditionnelle ou sans prétention aucune ; avec un Maître qui donne à ceux qui veulent bien se donner la peine de comprendre, son enseignement et le meilleur de lui-même. Nous l’avons trouvé ! C’est la Takeda Ryu, une école ancestrale, au sein de laquelle sont transmises depuis neuf siècles des techniques qui n’ont pas été changées. Aujourd’hui, en France et dans le monde, ces techniques sont transmises fidèlement par Maître Roland Maroteaux. Quand on a lu sa biographie intitulée 14600 jours (le titre exprime la longueur d’une vie au service des arts martiaux), on comprend mieux les raisons de ce choix. Pour ma part, j’ai trente ans de pratique, je n’ai jamais connu un Budoka qui a autant payé de sa personne et de sa vie la connaissance des Budos que Maître Maroteaux, et sans jamais vouloir passer pour un gourou.

Tanguy : Comment sont obtenus les grades ?
René : J’ai fait de nombreux stages et avec de grands seigneurs des arts martiaux, à chaque fois on m’a demandé mon grade. La réponse était invariable : je suis vivant ! Cela a souvent choqué, mais qu’est-ce qu’un grade ? Chez nous, dans la Takeda Ryu Maroto Ha, ils sont définis par le règlement et la tradition japonaise, car institués par eux, depuis un siècle seulement. Seuls les experts nommés par Maître Maroteaux peuvent après un examen les décerner. Ces grades peuvent être reconnus par la seule organisation au monde qui les a institués, c’est à dire le DNBK (le Daï Nippon Butoku Kaï). Avant, au temps des combats seul celui qui survivait avait raison ! Entre nous, aujourd’hui aussi ! Le vrai grade, c’est de pouvoir pratiquer dans l’honnête conviction de la vérité du combat tout en sachant qu’à techniques égales, connaissances égales, un combattant de 120 kg aura toujours raison sur celui de 60 kg.

Tanguy : Combien de temps faut-il pour faire une ceinture noire selon les critères de l’école ?
René : (rires) Toute une vie !

Tanguy : Mais encore ?
René : J'ai prouvé que je peux former une ceinture valable, capable de se défendre, et cela dans des situations réelles, assez rapidement : tous les élèves ont pu le constater. Mais pour faire un Budoka d'une personne c’est autre chose : le professeur montre la même chose à tous, mais c'est l'élève qui apprend : la vérité est différente selon chacun de nous, et chaque élève doit la rechercher en lui-même. Le travail doit être régulier, on ne pratique pas un art martial comme un sport, cela n'a rien à voir. L'art transmis par Maître Maroteaux transforme un homme ou une femme tout au long de sa pratique, cela ne cesse jamais : plus on monte en grade, plus les exigences se font jour, mais la passion fera reculer vos limites et vous apprendrez plus sur vous même que dans toute une vie.

Tanguy : Pourtant d'autres écoles prétendent la même chose...
René : Certes ! Et elles le font sans doute à leur façon, mais je veux savoir où va mon chemin, où va mon école et ce que j'y fais, je veux connaître mes limites, mes faiblesses, et mes acquis. Maître Maroteaux présente des exigences claires, fondées sur des codes traditionnels. Son discours n’est pas parasité par du politiquement correct, ou des considérations pseudo spirituelles, ni par un charabia théorique ou pédagogique comme ailleurs. On sait où on va et d’ailleurs, le meilleur signe que c’est dans la bonne direction, c’est de voir l’excellence des gradés qui sont ses élèves depuis plus de 30 ans. J’aime travailler avec eux, j’aime progresser avec eux. Alors, le résultat de ce mode de fonctionnement a été immédiat en France : c’est fou le mal qu’on a dit de lui (et, pour ma part, il y a de quoi écrire un roman sur le mal qu’on a dit de moi dans notre bonne ville de Metz et plus loin…). Mais bon, la vie et ce grand Maître m'ont appris une chose, plus on raconte du mal de toi, plus tu es intéressant, c'est le jour ou l'on ne dit plus rien qu'il faut s'inquiéter, car les plus beaux compliments ne seront jamais fait que sur ton cercueil. C'est une des vérités humaines.

Tanguy : dans le fond, c’est le problème de la légitimité qui est toujours en jeu, n’est-ce pas ?
René : (rires) .....oui, maintenant, je peux aussi afficher mes 31 ans de pratique, mon diplôme d’Etat, mes 2 modestes dan d’Aïkido, plus de 700 stages (et avec des seigneurs du tatami, de Maître Tamura à Maître Steven Seagal qui m’a abîmé l’épaule il y a des années et je m’en souviens encore !). Mais tu vois, plutôt que d’afficher ce que j’ai déjà et de m’encroûter, je préfère parler de ce que je prépare. Je prépare avec un élève de Maître Maroteaux (Maître Hank) qui a 12 dan en tout, ma 3e dan d’aikijujutsu. Je prépare également ma 2e dan de Iaido, une 2° dan de kenjutsu et une 1° en Kempo, sans oublier celle de jo.Et surtout le plus valorisant à mes yeux est la certification reconnue dans le monde entier par le DNBK. Notre dojo est reconnu par le Japon et maître Yamada, directeur DNBK. Je suis en attente de la certification de mes grades, prouvant leur homologation. Il va de soi que le Takeda Ryu Maroto Ha ne reconnaît pas les grades des autres fédérations, mais les respecte. Quand nous avons quitté la FFAB , il a fallu tout repasser. Maintenant, seul Maître Maroteaux décide de faire passer un grade, inutile de lui demander ! Tel que l'exige la tradition. Et c'est bien comme cela !!! Au moins, il n'y a pas de polémiques entre Fédés et ceci et cela. Et..........je suis vivant...........(rires)

Depuis cette interview, menée en 2007, René Pachurka a vu ses efforts et ses opinions honorés. à plusieurs reprises.
Tout d'abord, il a été reconnu 4° dan en Aïki-Jujutsu en septembre 2012.
Plus signifiant encore, lors de la rencontre mondiale des pratiquants d'arts martiaux, organisée à Kyoto en avril 2008 à l'occasion de l'anniversaire de l'Empereur, les experts japonais des arts martiaux lui ont remis la médaille de la martialité
.
Enfin, outre un titre honorable de Shidoin, il a reçu en septembre dernier son brevet d'enseignant au sein de l'école Takeda-Ryu Maroto-Ha, reconnu par le Daï Nippon Butoku Kaï.